mercredi 15 octobre 2014

Fabriquer sa bibliothèque

J'ai fait cette bibliothèque il y a un an, c'est basique, mais je me dis que donner quelques cotes va peut-être permettre d'aller plus vite à ceux qui se lancent.

Avec des bibliothèque pleines à craquer un peu partout dans mon trois pièces, il me fallait gagner des étagères d'urgence. J'en avais assez des bibliothèques trop profondes qui obligent à doubler ses rangées de livres en masquant les couvertures, ou des étagères type "Billy" qui se disloquent avec des taquets qui finissent par creuser l'aggloméré, des planches qui gondolent au moindre dictionnaire ou des meubles qui ne montent pas assez haut.

Il me fallait quelque chose de peu profond, qui ne gêne pas le passage, pour mettre des poches et des brochés. Du robuste, avec exactement les hauteurs désirées entre les étagères pour optimiser la hauteur. Comme il n'y avait rien de ce type sur le marché, du moins à petit prix, j'ai donc fabriqué ma bibliothèque. Et c'est encore plus simple que je ne l'imaginais.

L'idée est d'acheter des planches en pin dans un magasin de bricolage. Les dimensions proposées vont très bien, ce qui évite la moindre découpe.


J'ai pris tout en double car je voulais deux meubles côte à côte, mais voici ce qu'il faut pour un seul.
Deux grandes planches de 20cm par 200cm (épaisseur 1,6 à 2cm).
Neuf planches de 20cm par 80 ou 86cm (épaisseur 1,6 à 2cm).

Un petit croquis très simple suffit pour positionner ses étagères. J'ai compté des espacements de 20 et 22cm pour les poches et les formats intermédiaires. 25 à 30cm pour les brochés.

Il faut se munir d'une perceuse visseuse (c'est là qu'il peut y avoir investissement si vous n'en possédez pas), de forets de 4mm et de vis à bois à tête conique de même diamètre.

Avec une règle et une équerre, j'ai tracé sur les deux longues planches un double trait représentant l'épaisseur de chaque étagère. A l'intérieur de ce double trait, deux croix pour les trous à percer. (imaginez des emplacements de taquets). Faire attention à ce qu'une croix ne soit pas plus haute que l'autre, l'étagère pencherait.
Je mets la grande planche entre deux chaises et je perce les trous. Puis je reporte les emplacements sur la deuxième planche en passant un crayon dans les trous. Perçage de l'autre montant.



Ensuite, je place l'une des planches trouées entre deux chaises en m'arrangeant (avec une pile de bouquins, par exemple) pour pouvoir glisser quelques étagères en dessous de manière à ce que le montant repose dessus. (voir la photo où la bibliothèque est couchée sur le côté, même si là les deux montants sont placés). L'étagère est bien positionnée quand son épaisseur masque les trous et qu'elle est perpendiculaire (équerre).

J'avais commencé en pré-perçant l'épaisseur des étagères avec des forêts 2mm, mais c'est inutile. Le pin est si tendre que vous pouvez visser directement. 
Passage à la visseuse donc. La tête conique s'enfonce dans le bois, pas besoin de chanfreiner les trous, la vis ne dépassera pas. On retourne ensuite l'ensemble et on fait de même avec l'autre montant (c'est là que j'ai pris la photo ci-dessus).

La version peinte à côté de la version pas encore peinte...

Une équerre discrète sous l'étagère
permet de la fixer au mur.
On obtient une bibliothèque brute mais déjà très solide, car toutes les étagères sont fixes et participent à la solidité de l'ensemble. Petit coup de papier de verre sur les angles et la surface.
Ensuite, j'étale des journaux et je passe à la peinture. Et là, pardon pour l'assonnance, mais j'ai été surpris de la facilité avec laquelle le pin se peint. J'ai appliqué une seule couche de peinture noire "bois - fer extérieur" de moyenne gamme, en tartinant généreusement. Après avoir fait les deux meubles, il en reste encore pas mal dans mon pot de 2,5 litres. Un an plus tard, pas la moindre écaille ni égratignure, on dirait que c'est teinté dans la masse.

Une paire d'équerres métalliques, à placer sous l'une des étagères, permettra de fixer le tout au mur. Les livres rendront la fixation invisible. J'ai rajouté une paire de lampes de bureau led à pince sur le dessus pour voir les bouquins sans tout allumer.



Bilan de l'opération, de quoi ranger pas loin de 500 bouquins dans une bibliothèque guère esthétique mais très solide, pour moins de 200 euros (les deux meubles) si vous avez déjà la perceuse. Voire moins de 150 si, contrairement à moi, vous achetez du premier coup les bons forets et les bonnes vis, ou encore moins cher pour ceux qui ne la peindront pas (le pin brut c'est très beau, dommage que ça n'allait pas chez moi).

Remarque : la profondeur de 20cm n'est pas adaptées aux bandes dessinées, qui risquent de dépasser.

dimanche 12 octobre 2014

AOC n°33

Et voici un avis sur le 33e numéro d'Aventures Oniriques et Compagnie.
Le précédent opus avait placé la barre haut. Celui-ci l'explose. J'ai non seulement aimé toutes les nouvelles, sans exception, mais trois d'entre elles sont des coups de cœur. Si l'on ajoute la présence d'une BD et un édito fort intéressant, on tient l'un des meilleurs AOC de tous les temps.

A se procurer d'urgence par-ici.

L'employé polyvalent, de Holden : premier coup de cœur avec ce texte évoquant le parcours d'un nouvel employé dans un bureau complètement absurde, où aucune tâche n'est expliquée. Ce parfum de surréalisme m'a rappelé l'administration dans le Brasil de Terry Gilliam, et d'autres films aux mécaniques décalées, cauchemardesques (Yorgos Lanthimos, Dan Pita, tous ces réalisateurs...).

Noble mystère, de Diane Ackerman : une nouvelle en forme de conte qui évoque l'approche d'un pégase par trois petites filles. Malgré une histoire un peu trop enfantine à mon goût, j'ai apprécié le contexte de Grèce antique et l'écriture agréable à suivre.

Tournez manège, de Marthe Machorowski : ce récit semble lui aussi démarrer comme un conte, avec la description de ce responsable de manège dans un petit parc d'attraction. La fin de la nouvelle, très noire, surprend d'autant plus. Un joli tour de force.

Trous de mémoire, de Marie Latour : coup de cœur numéro deux avec un univers où les gens achètent et vendent des souvenirs. Si l'idée d'un apprentissage par une simple injection n'est pas novatrice, l'approche de Marie Latour est envoûtante. Le narrateur est poussé à vendre progressivement tous ses souvenirs, au grand désespoir de sa compagne. L'histoire est poignante, chaque mot tombe juste. Bref, un très beau texte.

Les divins divertissements du maître facteur, de Adeline Tossello : et voici le troisième coup de cœur. L'auteure m'a tout simplement transportée dans son Egypte à la fois steampunk et antique, où le narrateur est une automate dont la description est juste sublime. Entre golem et statue de fer, Marine abrite une fourmilière, des poissons et toutes sortes d'éléments qui participent à lui donner vie. Qui lui permettent d'avoir un regard tout particulier sur les curieuses activités de son Maître...

Et enfin la bande dessinée, qui est un épisode de Roc et Stella, (La Matrice) par Tony Szabo : cette fois nous revenons aux origines avec la première rencontre entre Roc et Stella. Voilà qui plaira à ceux qui ont connu quelques autres épisodes du même duo, peut-être moins aux autres qui ne verront là qu'une introduction. On appréciera l'excellent trait du dessinateur-auteur.