jeudi 24 novembre 2016

Vous avez une mission

Il est sorti, il est dispo !

Mon deuxième roman, 
Vous avez une mission, est paru aux éditions Sol y Lune.

Et c'est sans doute mon texte le plus personnel, puisque j'y raconte, sous un angle décalé, mes années d'intérim et de petits boulots.

Voici la 4e de couverture : 
Avec ses collègues à usage unique et ses supérieurs d'un jour, Phil Becker, à l'époque étudiant en droit, raconte comment - en alternant avec les bancs de la fac -, il a rampé parmi vos déchets, compté les boîtes de conserve de votre supermarché ou encore trié votre courrier.
Ce récit illustré est une bouffée d'oxygène décalée et pleine d'humour, dans l'univers de l'intérim et des petits boulots. Un enchaînement de rencontres improbables et de situations aussi absurdes qu'authentiques, qui laissent le sourire.

Le livre a été présenté au salon de Brive début novembre, où il a bien marché (ici je vous raconte l'événement).
Un grand merci à l'éditrice Esther Merino, qui porte sa maison Sol y Lune et m'a décroché (la lune) une place au milieu des 100 000 visiteurs de ce salon. Super expérience.

Un grand merci également à Benoît Rouault, l'illustrateur drôlissime, qui m'a gratifié d'illustrations en couleur pour chaque chapitre. Ci-dessous, le poste de pontier dans un incinérateur à déchets...

L'une des 18 illustrations de Benoît Rouault
Où se procurer l'ouvrage ?

- Commandez-le dans votre librairie préférée
- Commandez-le sur le site de la maison d'édition Sol y Lune
- Commandez-le sur Amazon

- Trouvez le en rayon :
* A la librairie Torcatis de Perpignan
* A la Librairie Catalane de Perpignan
* A l'espace culture du Leclerc Nord à Perpignan

Prix : 19 euros.

mercredi 23 novembre 2016

Un avis sur le dernier AOC

Aventures Oniriques et Compagnie propose dans son numéro... 42 (tiens tiens) les textes primés au concours Visions du Futur 2016.

On pourra bientôt trouver le numéro sur le site officiel.

Voici une mini chronique des textes :

Pour quelques patates de plus, de Melody Gervais (Accessit) : Le concept de cette nouvelle est savoureux : l'atmosphère de la planète est si pollué qu'on s'arrache de vieux paquets de chips pour en sniffer l'oxygène. Cela dit, je regrette que le texte n'ait pas vraiment trouvé sa voix, entre l'humour d'une situation pas vraiment crédible, et des passages trop sérieux. Une plume à suivre cependant !

Pour une simple étincelle d'amour, d'Emilie Querbalec (3e prix) : Une nouvelle touchante où, sur Mars, une androïde découvre ses propres sentiments après s'être liée à son créateur. C'est si beau que la sous-intrigue de complot qui s'y greffe n'était peut-être même pas nécessaire. Très bon texte toutefois.

Singularité(s), d'Eric Morlevat (2e prix) : Quelle plume ! Sans doute l'une des meilleures de cet opus. Eric a su me plonger dans l'aventure de ce nerd contacté sur son ordinateur par la toute première intelligence artificielle. Il réveille pour le lecteur ce fameux fantasme de l'ami virtuel salvateur. J'ai moins apprécié la fin, un peu moralisante, mais cette nouvelle bénéficie d'un rythme parfait.

Orwell m'a tu, de Bruno Pochesci (1er prix) : On appréciera ou non la truculence à chaque ligne et le langage cru et argotique - Dardien, Célinien ? - de Bruno Pochesci. Mais il faut lire cette nouvelle. Il faut la lire. Car l'auteur ne nous propose pas, finalement, une énième dystopie anglo-saxonne, ni même réellement orwellienne, comme le titre pourrait le laisser entendre.
Non, Bruno a le courage de nous projeter en France, dans un avenir proche. Le Front est au pouvoir, et le héros tente de survivre avec sa compagne arabe maquillée en européenne, dans un contexte d'épuration raciale, de nationalisme et de protectionnisme à outrance. Un contexte qui semble à la fois exagéré et improbable. Et puis on se souvient de l'actualité. Et ça fait froid dans le dos, mais la future France dépeinte dans ce texte est à nos portes, c'est indéniable.
Encore une fois, il faut lire cette nouvelle. Merci.

Côté illustrations, Jean-Michel Prats, Eric Malterre, Hélène le Dauphin (tiens son dessin me fait penser à ceux de Jubo) et Radja sont aux commandes. Je ne suis pas fan de toutes mais elles font le job. Et Virgilles est à la couverture, superbe.

mardi 22 novembre 2016

Un bel interview qui reprend mon parcours d'écriture


C'est une idée géniale et gratifiante qu'a eue l'auteur Erik Vaucey, en proposant sur son blog une chronique où il interviewe des nouvellistes.


Je rejoins donc sa collection, avec un petit point sur mes premières rencontres avec la SFFF et avec l'écriture, pour ceux que ça intéresseraient, et quelques mots sur la manière dont j'écris aujourd'hui.

mercredi 9 novembre 2016

Derrière les yeux, le père

Le troisième opus de l'anthologie annuelle Moisson d'Epouvante vient de paraître, aux éditions Dreampress. Dirigée par Yves-Daniel Crouzet, elle réunit une sélection des meilleurs textes de fantastique, d'épouvante et d'horreur.

J'ai la chance d'y voir publiée ma nouvelle Derrière les yeux, le père.
Ce texte très sombre, avec un soupçon de second degré, est sans doute le plus glauque et trash que j'aie jamais écrit. Le plus inquiétant est que je me suis régalé à le rédiger.

Séverin n'est pas seulement un élève de sport-études sous la pression d'un père tyrannique.
Il passe aussi ses nuits quelque part entre le dangereux sous-sol de la demeure familiale et l'indicible souvenir du grenier. Quand une pression s'insinue sous son crâne et qu'il aperçoit cette vieille femme à la bouche pleine de sang, ce n'est qu'un pas de plus vers une horreur inéluctable.

C'est par-ici pour commander l'anthologie !

Le sommaire complet de Moisson d'Epouvante 3 :

Nidouyé, par Éric Vial-Bonacci
Hypnophobie, par Franck Stevens
Derrière les yeux, le père, par Phil Becker
La cuvée du condamné, par Guillaume Suzanne
Norvège, par Olivier Caruso
Les Alyscamps, par Didier Reboussin
Stade terminal, par Alexandre Ratel
La Caverne du Blaireau, par Michel Lalet
IT : Les Iris de Titan, par Yann Quero
Helianthus annuus, par I.C. Vita
Sylvia, par Daniel Morellon
Perfection, par Thomas Spok
De l’autre côté de la porte, par Marlène Charine
Démangez-moi, par Annabelle Blangier
L’antre, par Jeff Gautier
Conte d’été, par Élodie Beaussart
Des plantes, des lèvres, de l’amour pour Oiseux, par Raphaël Eymery

mardi 8 novembre 2016

Brive en brèves

Du 4 au 6 novembre, j’étais à Brive-la-Gaillarde pour la foire du livre, le ou l’un des plus grands salons littéraires de France. (certains me disent que Paris est premier, d'autre que Brive est passé devant l'année dernière, je ne sais pas trop)
J’y ai présenté mon roman Vous avez une mission, qui vient de paraître aux éditions Sol y Lune et traite avec humour du quotidien de l’intérim. Mais je ferai un post dédié au livre un peu plus tard, quand il sera commandable partout. (encore quelques jours avant qu'il soit sur les bases des libraires etc)



Du vide au saturé

Brive, avant tout, c’est une aventure. Vous arrivez avant l’heure dans une halle uniquement habitée par les livres et quelques libraires qui peaufinent les stands. Un silence feutré règne. Les seuls noms des maisons d’éditions et des auteurs impressionne déjà le petit pèlerin que je suis qui se demande encore comment il s’est retrouvé là.
Et puis je trouve ma place, dans le milieu du salon, avec ma photo et mon nom. L’ouverture est enfin sonnée, le bal commence. Benoît Rouault, l’illustrateur talentueux du livre, me rejoint, armé de ses pinceaux. Esther Mérino, l’éditrice - qui a décroché une place à Brive à un auteur inconnu comme moi - arrange les piles de livres une dernière fois. Les libraires de Cultura, qui gèrent notre stock, prennent une grande inspiration. En trois jours, ce sont plus de 100 000 visiteurs qui passent les portes de la foire.



Têtes connues

Le samedi, il y a plus d’une heure d’attente dans le froid pour franchir le service de sécurité. Quasiment autant pour aller aux toilettes. D’ailleurs les dames vont dans les toilettes des hommes. Si beaucoup détournent le regard, quelques mamies profitent du spectacle en gloussant. Quant à la cafétaria, elle n’est pas humainement atteignable.
Les allées sont bondées, le brouhaha omniprésent. Des files d’attentes se forment à l’intérieur de files d’attente, pour atteindre Leïla Slimani, le dernier prix Goncourt, ou Alain Juppé. Je distingue le chapeau d’Amélie Nothomb derrière ses fans, le crâne de Bernard Werber, le gilet rouge de Frédéric Mittérand. On me demande où est Kerviel. Je pointe une vague direction.

L'éditrice Esther Merino, l'illustrateur Benoît Rouault et bibi.


Premières ventes

D’abord, les regards glissent sur notre stand comme un pet sur une toile cirée. (ça fait longtemps que je cherchais à placer cette expression). Les gens ne stoppent pas. Et puis enfin, on commence à manipuler mon bouquin. D’abord je laisse faire et reposer. Esther m’explique qu’il ne faut pas laisser lire la 4e de couverture. Dès que le bouquin est retourné, il faut engager la conversation.
- C’est un livre sur les petits boulots, dis-je.
Et ça marche. Les gens sourient, demandent des précisions. Souvent, ils ont connu eux-même des petits boulots. Je commence à vendre. J’essaie de trouver un petit mot différent à écrire pour chaque personne. Benoît, méticuleux, propose un dessin dans chaque livre.
Pour chaque vente, je me retourne et les libraires posent une gommette sur le prix avant d’encaisser. Et je peux vous dire que les miss gommettes sont fort sympathiques.

L'équipe en délire


Post-it

Dès lors que nous sommes un peu détendus, j’ai envie d’aller plus loin. Comme chaque chapitre de « Vous avez une mission » se termine par un post-it, je cours acheter un bloc et, avec Benoît, nous décorons le stand et nos photos. Il a d’ailleurs les meilleures idées. « Alain Juppé n’est pas sur ce stand », « Auteur qui n’a pas eu le prix Goncourt » etc.
Les visiteurs s’amusent. Feuillètent le bouquin. Rigolent. Nous vendons de plus en plus. Benoît n’arrête plus de dessiner. France 3 repère les post-it et vient poser des questions, ce qui attire encore davantage de monde.
Au final près de soixante « Vous avez une mission » seront dédicacés.

Post-it mania


Rencontres

Un salon c’est aussi l’occasion de rencontrer des personnes étranges. Cet homme dont un œil est injecté de sang et l’haleine presque solide, qui apprend que je viens de Perpignan et me pose des questions curieuses pendant que j’essaie en vain de raconter mon livre à deux agréables jeunes femmes.
- Moi aussi j’ai vécu à Perpignan. Vous allez vous baigner où ?
- Euh, à Sainte-Marie, parfois.
- Ah. Je connais. Et où encore ? Moi vous savez, je vivais dans le quartier Saint-Assiscle. Mais il y avait des musulmans. J’aime pas les musulmans.
- Euh...
- Et, et, et... vous vous baignez où ?
Le même personnage me retrouve dans la file pour les toilettes. Je renonce à mon envie pressante pour lui échapper.
Un peu plus tard quelqu’un d’assez confus me parle de ses amis comme si je les connaissais aussi. Puis de bibliothécaires auprès de qui il essaierait de placer des livres.
- Vous savez, dit-il avec l'air de me révéler un complot, les bibliothécaires sont des sodomites.
Oh non. Un autre fou.
- Je nage très bien, enchaîne-t-il sans transition. J’ai un beau corps pour la natation. Enfin avant. Mais je nage encore maintenant.
Mais qu’est-ce qu’ils ont tous avec le bain ?

Heureusement, les rencontres peuvent également être sympathiques. Mon voisin de dédicace, Emmanuel Blancafort, qui signe tout en buvant du rouge, a vécu dans les bois et présente ses chroniques de la glooyourte, un mélange entre un igloo et une yourte. Il illustre ses livres et a un magnifique coup de crayon. Une jeune fille au sourire lumineux me prend un livre parce qu’elle est aussi intérimaire et se reconnaît dans les passages feuilletés. Le commissaire général de la foire vient me voir à la fin pour me remercier de m’être investi. Ça fait chaud au cœur. Je me fait dédicacer un livre par Jean-Louis Etienne, parce qu'un mec qui part en expédition dans le froid, je trouve toujours ça assez dingue. Un autre par un Coréen qui m'écrit quelque chose de gentil en coréen mais j'ai oublié quoi. Je reprend la route dans la nuit, épuisé, la tête pleine d’images. Brive, c’était bien.

Emmanuel et sa glooyourte