samedi 24 septembre 2016

Mon prochain livre sera de la blanche

J’ai longtemps cru que l’imaginaire - éventuellement le noir ou le polar - étaient les seules genres où je serais jamais capable de pondre quelque chose.

Il se trouve que mon prochain ouvrage, en cours de fignolage actuellement, sera un témoignage.
Celui des missions en intérim, du travail précaire, de l’emploi temporaire. Tout ce que j’ai connu avant de devenir journaliste. Et je n'imaginais pas à quel point écrire à propos de son vécu pouvait être déconcertant, comme si c'était finalement bien plus irréel que toute la SF possible et imaginable.

L'une des rares photos où l'on m'aperçoit pendant une de mes missions intérim. Ici dans une carrière de marbre. Il fallait dégager la poudre qui tombait en permanence afin que les moteurs ne s'engorgent pas. Une autre planète.

Je suis devenu journaliste presque par hasard, pour échapper à cette mission où je découpais des bâches de piscine, à genoux sur une dalle de béton. Je suis devenu journaliste en commençant par une chronique sur l’intérim, et j’ai toujours l’impression que je vais changer de boulot d’un instant à l’autre, parce que le temporaire s’est gravé dans mon esprit.

Je vous parle de ces galères improbables où l’agence intérim vous propulse pour un jour, une semaine, un mois, ces univers industriels qui s’enchaînent, perpétuellement nouveaux, et toujours un peu les mêmes. Ces postes délirants dont je ne soupçonnais même pas l’existence.
Et puis... ces types étranges, un peu hors du monde, que l’on croise dans les usines, les travaux publics, la grande distribution... Ces moments de grâce où tout fonctionne, et les grands moments de solitude quand rien ne se goupille comme prévu.

Parce que l’emploi ne se limite pas à la dualité CDD et CDI, je vous parlerai donc des intérimaires. La vie comme une succession de missions... Avoir connu en quelques années plus de métiers que la plupart des gens dans une vie entière.

Et en attendant davantage de détails sur le livre, qui devrait sortir en fin d’année, je lance la page Facebook Tu es intérimaire si où j’évoque l’intérim au quotidien.


N’hésitez pas à aimer pour soutenir, plus il y aura de likes, plus elle sera visible.


dimanche 21 août 2016

AOC n°41

Et voici mon habituel avis sur le dernier fanzine Aventures Oniriques et Compagne.

Retrouvez ce numéro 41 sur le site officiel de Présences d'Esprits.


Nouvelles : 

Full Metal Western de Yann Foury : cette joute de motos dans un univers post-apo qui rappelle Mad-Max respecte en tous points les règles du récit court, ou même du théâtre, avec une unité de temps, de lieu et un nombre très limité de personnages. On en sort avec un agréable moment d'ambiance et d'action, une saynette qui se suffit à elle-même.

La despedida - le départ, d'Anaïs Carli : Une nouvelle qui commence avec une enquêtrice medium, et qui laisse croire un instant à un récit policier, mais qui tombe rapidement dans le glauque et laisse un sentiment dérangeant particulièrement réussi.

Derrière l'écran de Denis Roditi : Là encore le début peut induire en erreur. Du récit d'une adolescente - bien rendu au demeurant - avec une touche de merveilleux puisqu'elle découvre sur internet un univers virtuel un peu particulier, on glisse progressivement vers quelque chose de plus sombre et de moins attendu. Le personnage principal est particulièrement vivant et crédible.

A troll et à travers de Frédéric Szilinder : Pas facile pour une maman de faire intégrer son enfant troll adopté dans la société. Même si un poil (de troll) trop moralisateur, ce récit sur les différences est très bien écrit et plein d'humour. Une plume à suivre.

Un périhélie de Vivien Esnault : Mon coup de cœur du numéro, parce qu'on sent toute la liberté d'imagination de l'auteur dans cet histoire d'astéroïde gelé qui se réveille tous les 200 ans à l'approche du soleil et où des Lemmings réparent et entretiennent la demeure de leur princesse, le temps que l'astéroïde s'éloigne à nouveau de l'astre et replonge dans le sommeil. J'ai l'impression que des références m'échappent - au-delà du clin d'œil au jeu vidéo Lemmings que j'ai cru déceler - mais l'ensemble est particulièrement poétique et tout en légèreté. Bravo !

Article :

Media res or not media res de Marthe Machorowski : un article passionnant sur les différentes manières d'introduire son récit - avec ou sans scène d'exposition - et surtout les différentes conséquences, en termes de contraintes ou de temps employés. Même si pour ma part, c'est plus "comment diable finir un récit" que "comment diable commencer un récit" dont j'aurais besoin, le sujet est bien exposé.

Illustrations : 

Couvertures et dessins de Jubo et Aurélie Lecloux, Jean-Michel Prats, Eric Malterre, Hélène le Dauphin, Radja, Eric Faure-Brac. Coup de cœur pour le troll de Radja !


vendredi 15 juillet 2016

Vingt ans de visions du futur

Ma nouvelle La Reine des Crocs, qui avait décroché le prix Visions du Futur en 2011, est republiée dans l'anthologie qui regroupe les lauréats du prix depuis son origine : "Vingt ans de Visions du Futur."

La Reine des Crocs est un planet-opéra évoquant un orphelinat sur une colonie lointaine.

C'est un plaisir de me retrouver en compagnie de tous ces auteurs primés, dont j'ai déjà croisé certains sur d'autres supports.

On peut commander le livre depuis le site du club Présences d'Esprit.


Le sommaire complet : 

Extension Galloisienne de Tanguy Derrien
Brigade chimérique de Pierre Crooks
Gardien de Rémy Lechevalier
Jouets d’amour de Martine Hermant
Mélodiste de Pierre Crooks
La Thèse du suicide d’Olivier Rouy
Ascension cosmique de Romain Lucazeau
Ferrous Occire d’Aurélie Wellenstein
Un faible de Charlotte Lacroix
La Reine des crocs de Phil Becker
Furie Furry de dvb
Dark Rocks de Marc Oreggia
In Vinylo Veritas de Bruno Pochesci
Pavillon noir de Dean Venetza

samedi 9 juillet 2016

Brins d'Eternité n°44

Un petit mot sur le dernier Brins d'Eternité.

J'ai trouvé ce numéro de la revue canadienne plutôt exceptionnel. Tous les textes m'ont fait voyager ! Et la couverture de Tomislav Tikulin est sublime.

L'insula des louves ardentes, de Frédéric Durand : Ce texte nous plonge dans un bordel de la Rome antique, où l'arrivée d'une nouvelle prostituée va bouleverser l'ordre établi. L'immersion est réussie ! J'imagine qu'il a fallu un certain travail de recherches à l'auteur pour nous plonger si bien dans cet ambiance antique !

Une robe noire aux manches bordées de dentelle vermeille, de Marianne Escher : une nouvelle intimiste à la fois énigmatique et cauchemardesque. Nous plongeons dans l'esprit d'un homme qui n'a plus de sentiments, dans un contexte dystopique flou et intriguant, mais qui convient parfaitement au format. Le texte laisse un sentiment d'étrange longtemps après l'avoir terminé.

Trois nuits à Canope, de Vlad Anoiaca : Retour à l'antiquité, côté Grèce cette fois, avec ce chrétien qui se rend dans un temple païen pour y trouver la clef de ses rêves. J'ai eu un peu de mal, au début, à savoir où l'auteur voulait en venir, mais finalement j'ai accroché au récit. La chute, qui laisse le sourire, est parfaitement amenée.

Laisser ses os en arrière de Ariane Gélinas. Comme un écho à la nouvelle de Marianne Escher, cette nouvelle prend place également dans un logement et sur un contexte flou, peut-être apocalyptique. Nous sommes cette fois dans l'esprit d'une femme abandonnée qui semble peu à peu sombrer dans la maladie, voire même se transformer en autre chose... La plume est superbe et l'ambiance lourde, inquiétante. Une réussite !

L'homme qui fit couler une mer, de Jean-Louis Trudel : Nouveau dépaysement avec ce texte qui nous emmène dans le grand nord, au temps des premiers hommes. "Guetteur" tente d'échapper à la tribu dont il a enlevé une femme. La tension est bien présente, et l'on ressent presque le froid. Bravo !

Ce Brins d'Eternité compte aussi des chroniques et des articles. J'ai notamment apprécié celui concernant les liens entre l'extraordinaire Tour Sombre de Stephen King et le poème de Browning sur le chevalier Roland.

Par-ici pour acheter le numéro

mardi 17 mai 2016

AOC n°40

Et voici un petit avis sur Aventures Oniriques et Compagnie n°40, paru ce printemps sous une magnifique couverture de Cyril Rolando. Et nous sommes gâtés, l'opus renferme tout plein de jolis textes !

Un jour sur Terre, de Renaud Balleyguier : Un texte touchant et poétique - avec une touche d'amertume - sur un jeune homme condamné à rester sur une Terre dépérissante tandis que l'espace est conquis. Et une écriture agréable qui sait s'effacer au service du récit.

Eclosion, d'Alexandra Jacquet : Une brève nouvelle réussie qui nous fait plonger dans la peau d'un sujet de laboratoire que l'on transforme en monstre. Même si j'ai trouvé la fin un peu facile, l'horreur de la situation est très bien décrite. Une plume à suivre !

Une sale nuit d'hiver ! de Guillaume Capitan : Mon coup de cœur du numéro ! Les gros bras de la mafia italo-américaine se retrouvent confrontés... à des dieux scandinaves. Non seulement l'argot mafiosi est superbement rendu, mais le mélange des univers, non sans humour, est excellent. Bravo !

Suzy, de Thomas Barnoheid : Un texte très bien écrit avec une belle montée en tension, pour cet homme dont la compagne est décédée et qui reçoit une androïde expérimentale pour la remplacer. Néanmoins j'ai moyennement accroché à cause du thème vu et revu, qui m'a rappelé la série Black Mirror (ce qui, après tout, est plutôt bon signe).

Moi, cauchemar, de Olivier Jarrige : Une nouvelle très courte et incantatoire, où un cauchemar s'adresse directement au lecteur. Je n'ai pas tout de suite vu où l'auteur voulait en venir, mais c'est très bien amené et l'ambiance est parfaitement rendue. La chute a de quoi donner des frissons !

Monologue, de Xavier Portebois : Un texte très SF - voire âge d'or SF - qui évoque un vieil homme dans une villa orbitale qui s'efforce de donner naissance à son double numérique. Là encore, le sujet n'est pas nouveau - je suis à peu près sûr d'avoir déjà vu ou lu quelque chose sur un vieil homme et son double numérique maléfique dans une station en orbite, peut-être dans un épisode d'animé - mais le tout se lit sans déplaisir et le scénario est bien construit.

Côté illustrations, AOC tape comme toujours dans le haut du panier avec 570, Eric Faure Brac, Radjas, Jubo, Grigou et Eric Malterre. Coup de cœur pour les deux personnages croqués par Radja !


dimanche 10 avril 2016

Brins d'Eternité n°43

Si d'habitude je chronique surtout AOC sur ce blog, c'est que je ne lis jamais à temps l'autre publication qui me tient à cœur, Brins d'Eternité.
Pour rappel, AOC et Brins sont vraiment les deux périodiques qui m'ont permis de progresser et ont donné une visibilité à mes nouvelles et je ne les en remercierai jamais assez. C'est toujours un plaisir de voir les auteurs qu'ils sélectionnent - et un défi, car les textes sont souvent des perles difficiles à égaler.

Voici un avis sur les nouvelles de Brins d'Eternité n°43

Sous réserve, de Michèle Laframboise : Une nouvelle écologique et extrêmement dépaysante, sous forme de planet opéra, où une jeune femme tente de protéger sous serre une espèce végétale que l'exploitation minière de la planète colonie anéantit, sous prétexte qu'elle ne se reproduit pas de toute façon. J'ai adoré l'ambiance vraiment étrangère, presque onirique, de ce texte.

Attik, de Mathieu Villeneuve et Damien Blass-Bouchard : Quand on parlait de dépaysement, ce texte est exceptionnel sur ce point. Nous sommes dans le nord canadien, en compagnie d'Indiens vivant de chasse et de petits jobs. Les descriptions du paysage sont superbes et le parler Canadien - pour un Français comme moi - plongent agréablement dans un autre monde. Seul point négatif : j'ai parfois eu du mal à retrouver le fil conducteur, à savoir où les auteurs voulaient en venir.

Angle Mort, de Dave Côté : Quelle maîtrise pour ce texte angoissant ! Un homme qui travaille sur une machine audio dédiée aux aveugles et leur décrivant l'environnement, réalise que son appareil est peut-être le seul moyen de voir certaines choses que la réalité ne montre pas... La montée en pression est superbe, et la peur bien présente. Un de mes coups de cœur du numéro.

Je suis un dragon, d'Elodie Serrano : Si je devais sélectionner un deuxième coup de cœur, ce serait celui-ci. Ce texte est un vrai rafraîchissement, et nous plonge dans l'antre d'un dragon qui n'en est pas tout à fait un - il a des plumes, ne crache pas de feu et son trésor est surtout constitué de cloches de vaches. Et quand il fait face à un petit garçon effronté, c'est tout son univers qui s'en trouve bouleversé. Elodie Serrano sait écrire avec un humour et une légèreté admirables. Parfait après des textes très sérieux !

Le sommeil de la raison, de Mario Tessier : Le langage scientifique peut-être lénifiant. Ici, c'est tout le contraire. Nous sommes avec un géologue qui explore les montagnes canadiennes avec un guide Inuit, dans le but secret de trouver des diamants. Et j'ai été surpris de voir comme les descriptions géologiques et la découverte de la montagne peuvent donner du réalisme à la situation. La forme de journal de bord ajoute encore à cet aspect réel, très réussi. On pressent l'arrivée de phénomènes fantastiques, sauf que... ça s'arrête là. A mon sens, le texte n'a pas de fin, comme s'il n'était que l'introduction d'un texte plus long. Certes, ça laisse une ouverture à l'imagination, mais pour le coup je trouve que ça ne fonctionne pas tout à fait. Dommage, c'était très bien parti.

vendredi 8 avril 2016

Climax & Cie

Les éditions HPF viennent de publier ma nouvelle Climax & Cie dans leur très belle anthologie Pièces de Puzzles, sur le thème de l'enquête.

C'était l'occasion pour moi de me régaler avec un personnage de détective - ce que j'ai déjà fait, dans Fleurs de Lune par exemple, mais les thèmes policiers restent néanmoins assez rares dans mes écrits - sans oublier une petite touche de fantastique à laquelle je n'ai pas su résister.

Vous trouverez l'anthologie par ici sur la boutique des éditions HPF
Elle existe aussi en numérique

Une affaire à cent mille euros, une jeune fille aussi insaisissable qu'entièrement nue, voilà déjà de quoi sortir le privé John Trombert de son quotidien. Mais une baignoire qui se remplit d'encre, un homme sans visage et d'inexplicables phénomènes au cœur de la ville, ça commence à faire beaucoup... 




Et voici tous les auteurs au sommaire : Saul Nozher, Alice E. May, Perla, Phil Becker, Florian Bonnecarrère, Manon Bousquet, Yann Chachereau, Olivier Boile, Mélody Gervais, Anthony Boulanger, François Debout, Danaé Grammatikas, Laëtitia Balcon, Élodie Serrano, Thierry Caspar.


Et déjà un petit avis de Florian sur Climax & Cie, merci à lui : Superbe nouvelle, un coup de maître. C’est audacieux, maitrisé et agréable à lire.On aurait tort de s’en priver. Je salue la performance en tout cas. Je n’en dévoilerai cependant pas une miette !

mardi 5 avril 2016

Une belle chronique pour Le Lycan Blanc

Jolie surprise en recevant la revue Présences d'Esprits n°86 puisque j'y découvre cette chronique du Lycan Blanc, rédigée par Sylvie Gagnère, et plutôt flatteuse. De quoi donner le sourire pour la journée !

Le texte mieux visible ici :

Le roman de Phil Becker s'inscrit dans un univers déjà existant, celui du cycle de Xavi El Valent, dans lequel deux volumes sont précédemment parus. Il plonge ses racines dans ce monde, mais se lit tout à fait indépendamment, puisqu'il se déroule des années avant la saga de Xavi El Valent. L'ambiance en est d'ailleurs radicalement différente, beaucoup plus sombre, plus fouillée aussi.
Dans un Moyen-Age alternatif, au cœur des paysages du sud de la France - le Canigo, Perpinya et Kotlliure sont au centre du récit - Phil Becker nous entraîne dans l'aventure du loup-garou Corcinos, bien décidé à retrouver celui qui l'a arraché à sa famille et transformé en bête. Il y a des loups-garous donc dans cette histoire, mais aussi des mages, des évêques, des guerriers, un Minotaure, un titan, des Catalans, des Kathars et des Francs. C'est plein de bruit et de fureur, de batailles sanglantes, d'amours impossibles, de déchirures et de trahisons.
Phil Becker excelle à raconter la violence des combats, la rage de Corcinos, consumé de questions, déchiré entre sa part humaine et son côté monstrueux (mais est-ce si simple que cela ?) Les doutes qui l'assaillent, les choix terrifiants qu'il est contraint de faire, en font un héros attachant et repoussant à la fois. Son ami Esteban ne comprend pas toujours ses actes, et en paie parfois le prix, tandis que Corcinos succombe à l'amour d'une humaine, Millie, puis de la jeune Comtesse, sans pouvoir oublier son premier amour. De découvertes en déceptions, de trahisons en retrouvailles, Phil Becker avance sans temps mort dans son récit, entraînant son lecteur avec lui.
L'ambiance noire et violente est parfaitement servie par une écriture vive, nerveuse, sans concession aucune. Phil Becker réussit le tour de force de nous embarquer dans un univers original, qui s'appuie sur de solides références, et parvient à donner un air de familiarité à son histoire tout en gardant une résonnance résolument étrangère !


dimanche 6 mars 2016

AOC n°39

Et voici mon petit commentaire habituel sur le dernier AOC, le numéro 39.

Un numéro qu'on peut se procurer ici

Racines, d'Ismène Fleury : Une histoire poignante de bohémiens accueillis dans un village, sur fond médiéval. L'écriture d'Ismène Fleury est tout simplement extraordinaire, et m'a rappelé celle de Jaworski dans certaines de ses nouvelles, à mi-chemin entre le conte et le récit. Mon coup de cœur de ce numéro.

La tour dans le labyrinthe, de Christophe Guillemain : Une sympathique nouvelle d'aventure, où des pirates investissent l'île d'un mage, avec une chute qui donne le sourire, et malgré quelques passages que j'ai sentis laborieux, une écriture agréable

Un monde parfait, de Dominique Chapron : Ce texte se présente comme une légende des origines, où des dieux évoluent dans un éden où poussent les vœux des humains. Si au début j'ai eu un peu de mal à accrocher, j'ai fini par apprécier cet univers et sa poésie.

Nous voyons loin, d'Eric Morlevat : Une nouvelle à chute qui évoque la demande d'un riche émir pour une conquête spatiale très particulière. J'ai trouvé les réactions des personnages un peu exagérées, néanmoins je ne m'attendais pas à la fin, à saluer.

Le numéro regroupe ensuite trois petites nouvelles rédigées lors du dernier match d'écriture des Imaginales. Chaque texte avait diverses contraintes de thème, et les auteurs n'avaient qu'environ 2h pour les écrire. Je ne peux que m'incliner devant des textes si brillants pondus si rapidement ! Mon coup de cœur va à "Les nouveaux anciens" de Lia Guillaumet, avec sa fabuleuse idée d'animaux qui sont des trous dans les murs, mais "La boîte" de Tom Araudio et "Muse à vendre, accepte âmes" d'Elodie Serrano sont également excellents.

Enfin nous avons de très belles illustrations de Hélène le Dauphin, Farah Douibi, 570 et Eric Maleterre.

vendredi 4 mars 2016

Et si le bonheur était chez les geeks ?


Fin février, j’ai passé un week-end à la convention « Aka to kin » de Canet-en-Roussillon pour dédicacer le Lycan Blanc. Je savais seulement qu’il s’agirait d’un de ces salons avec du cosplay, des amateurs de mangas et de super-héros, mais je ne m’en faisais pas une idée précise. Tout au plus, j’imaginais quatre tables isolées dans un gymnase obscur, deux posters de Captain America et toutes les têtes qui se tournent vers l’unique client perdu qui ose passer la porte, ou encore quelques adultes bedonnants dans des costumes mal taillés et des ados bizarres boutonneux qui font des bruits de sabre laser avec la bouche. Bon, d’accord, ils étaient là, mais une convention geek, c’est tellement plus que ça.

Le Lycan Blanc entre de bonnes mains
D’abord, c’est grand - trois salles, près de 40 stands - plein de monde, et de tous âges. Des yeux qui pétillent et des sourires, des costumes faits main ahurissants de réalisme. La haute couture peut aller se rhabiller, aucune fille ne sera plus sexy que déguisée en elfe ou en guerrière post-apo.
En face de moi, j’ai des amateurs de figurines Bionicle capables de nommer le moindre petit robot et de vous raconter l’histoire de leur univers avec le plus grand sérieux. D’ailleurs quand ils désignent une figurine, ils ne disent pas « celui-là », mais « lui ». Et ces gars-là, qui courent vers la trentaine, parviennent à intéresser des mecs encore plus âgés. Chapeau.
J’abandonne mon stand, esquive un type habillé en grenouille et portant une radio portable qui diffuse en boucle une intro d’animé japonais, me baisse pour éviter une fléchette en mousse, et je vais découvrir les boutiques. Les épées d’imitation partent comme des petits pains, et les petits pains, fourrés à la poire, sont préparés par des médiévistes. 

Tiens voici Kakashi et Sakura de Naruto. Je m’interromps, soudain paralysé, réalisant que je reconnais tous les personnages des cosplays. Malédiction ! Depuis tout ce temps, j’étais geek moi aussi et je ne l’avais pas remarqué ! Les rôlistes et les fans de warhammer s’affairent sur leurs tables comme de véritables chefs de guerre, et je me fais happer dans une partie de Burger Quizz où il manque un participant. Je croise des nanas improbables qui vendent des mangas érotiques gays et lesbiens que les clients feuillettent seulement après s’être assuré qu’on ne les observe pas, des danseurs de J-Pop dont on voudrait se moquer mais que finalement, on ne peut s’empêcher de regarder - bon juste une dernière chanson et je retourne à mon stand, oh allez, disons juste deux - des commerçants qui arrivent à vous refiler des bijoux gothiques que vous n’auriez pas acheté au quart du prix sur un marché, mais là oui.

Peu à peu, la convention se transforme en grosse famille. Il y a certes des visiteurs extérieurs, mais le salon a son propre micro-climat, son économie interne, avec les vendeurs qui claquent tout ce qu’ils gagnent sur les stands voisins et les cartes de visite qui s’échangent par liasses.

Et je découvre des gens heureux. Cet illustrateur qui fait une démonstration de speed-painting sur écran géant et qui vit, malgré les galères, de sa passion. Cette femme qui fabrique des calices médiévaux en cuisant de la résine autour de verres, cet ancien ingénieur de l’armement reconverti en fabriquant d’arcs anciens ou cet homme habillé en Merlin qui possède une roulotte chargée de livres de contes et légendes, dans laquelle on se dépêche de grimper juste pour la déco. 

Bibi, feintant d'être affairé à la dédicace, juste pour la photo
Et vient l’inévitable question : qu’est-ce que je fais moi, derrière un écran la moitié du temps et l’autre moitié à enchaîner des interviews sur des sujets qui ne me passionnent pas ? Ces gens sont hors du temps, ils tournent sur les conventions, ne dégagent pas toujours un salaire, mais sont indépendants, comme détachés du reste du monde et du stress des deadlines. Et parmi eux, les visiteurs passionnés de tous bords, eux aussi coupés, le temps d’un week-end, de la crise, de notre département record de France du chômage qui interdit de seulement songer à quitter son travail, des lundi matins. Ils se moquent des jugements et sont capables de débattre de la véritable nature des Sith comme s’ils évoquaient des amis communs en difficulté. Et si le bonheur était chez les geeks ?

dimanche 14 février 2016

Ces BD qui vous marquent

Quelles bandes dessinées - si je me restreint à l'imaginaire - m'ont vraiment marqué, ont changé ma façon de voir la SF ou la fantasy ?

A la réflexion, il n'y en a pas tant que ça. 

Je ne détaillerai pas trop de mangas ici, je n'en ai pas lu suffisamment et j'ai sans doute manqué des chef-d'œuvres. Disons que si je devais en citer juste trois, il y aurait Akira de Katsuhiro Otomo, qui, à mon avis, met une claque à tous ceux qui le lisent, avec son univers no future sans pitié, et ce sentiment de puissance sous-jacente tout au long de la série. Ensuite, je mentionnerai Blame! de Tsutomu Nihei. Je suis tombé amoureux de son style graphique, avec ces architectures improbables et personnages cyberpunk. Et de sa manière de brouiller les pistes, de sorte que chaque fois que l'on croit comprendre l'intrigue, on est davantage perdu. J'ai entamé une de ses autres séries, Biomega, mais j'accroche moins. Et pour finir je citerais Planètes, de Makoto Yukimura, un space-opéra dans un futur proche particulièrement réaliste et reposant.


- Le cycle de Cyann, de Bourgeon et Lacroix.
De loin mon cycle BD préféré, en six volumes. Je suis particulièrement amateur du thème des colonies spatiales abandonnées qui développent leurs propres cultures. Ici les auteurs ont inventés un monde possible jusque dans les moindres détails : culture, hiérarchie des classes, faune... tout est cohérent, extrêmement mature. Le personnage de Cyann est l'un des plus fort que j'ai jamais rencontré en BD : imparfaite, agaçante, irrésistible. Le dessin est juste magnifique, même si, après les deux premiers tomes, on passe de la plume au marqueur et on perd un peu de finesse. Et au delà de l'aventure, les intrigues abordées sont tout ce que j'aime : paradoxe temporels, portails entre les mondes...
C’est aussi la BD qui m’a fait découvrir Bourgeon et m’a poussé vers les incroyables Passagers du vent.


 









- Les mondes d'Aldébaran, de Léo
Je réalise que le thème est plus ou moins le même que celui du cycle de Cyann, avec également une héroïne forte, même si abordé différemment. Là encore nous sommes - du moins au départ de l'histoire - sur une colonie abandonnée. Je trouve époustouflante la manière dont Léo - à la fois dessinateur et auteur - va rentrer dans l'intimité de ses personnages. Alors que du côté de Cyann, l'aventure et l'action dominent, Léo prend le temps de détailler les petits tracas du quotidien, les romances adolescentes et adultes, tout en proposant des créatures sauvages toujours plus inventives, ou de grands thèmes courants en SF comme les pouvoirs totalitaires ou les emprises religieuses. Certains reprochent le trait un peu figé, personnellement ça ne m'a pas gêné, je trouve au contraire que cela donne un côté contemplatif.
Les mondes d'Aldébaran se déclinent en trois séries de 5 à 6 volumes chacune : Aldébaran, Bételgeuse et Antarès.


 








- Universal War One, de Denis Bajram
Je me souviens avoir lu cette bande dessinée adolescent. Elle a sans aucun doute participé à mon envie d’écrire de la SF. Ce cycle de space-opéra évoque le paradoxe temporel avec une complexité rarement égalée sur ce support. J’imagine à peine le travail de titan qu’a dû représenter la construction du scénario. Le tout servi par un superbe travail sur les ombres et les couleurs. Bref, la BD space-op ultime, à mon sens. Vivement le deuxième cycle, en cours de publication.



- La quête de l’oiseau du temps, de Le Tendre et Loisel.
C’est une bande dessinée de fantasy mythique, qui pour moi rassemble tout ce qui fait l’essence du genre. Un univers médiéval fouillé, des parcours initiatiques et des redondances volontaires qui rappellent le conte - notamment cette répétition des rencontres maître / apprenti - le tout avec un dessin assez dense, pas forcément agréable au premier abord, mais qui s’apprivoise.
A mon sens, beaucoup de récentes BD fantasy, au style plus comics, n’arrivent pas à la cheville de cette œuvre.







Au delà de ces morceaux de choix, l’éventail des excellentes BD SFFF est tellement large qu’une liste serait fastidieuse. Pour leurs univers, je mentionnerais Les Eaux de Mortelune, post-apo cru et dépaysant, toute l’œuvre d’Enki Bilal, avec sa vision unique de la décadence, et bien sûr les BD scénarisées par Jodorowsky, comme les Technopères et les Métabarons - même si je les trouve parfois un peu pompeuses et préfère souvent le Jodorowsky moins SF, celui de Juan Solo ou du Lama Blanc.

jeudi 3 décembre 2015

Via Mundi

Ma nouvelle Via Mundi vient de sortir dans la revue Géante Rouge n°23.

C'est une revue où je n'avais encore jamais mis la plume, et je suis très heureux d'avoir été sélectionné, d'autant qu'à partir de ce numéro les appels à textes seront fermés.

La Via Mundi, c'est une autoroute à travers le monde, vaste comme un petit pays, avec sa propre économie. C'est la perspective d'une sortie, pour Kareesai et tant d'autres, l'espoir qu'un Etat libère ses quotas et accueille quelques migrants de plus. Mais qui est vraiment Ryouku-Sha, pourquoi a-t-elle été jetée au milieu des voies, sous une pluie battante ?

Un numéro que vous pouvez vous procurer par ici ! Ou par ici !


Le sommaire complet de la revue : 

Éditorial
Odile Thibaud, Des étoiles plein les yeux
Jean-Michel Calvez, La Fondation
Sébastien Parisot, L’appendice à l’air vont les S'morrrrrr
Fred Audams, Le moniteur
François Fierobe, Les mille brumes de Prague
Michèle Laframboise, Penser à l’intérieur de la boîte
Christophe Garreau, Supplices 2.0 pour Poupée électrique
Thierry Faivre, Āvenir ?
Hugo Van Gaert, Ramses and Co
Vivien Esnault, L’ascension
Éric Colson, Ainsi naissent les mythes
Bruno Pochesci, Le dernier drink
Phil Becker, Via Mundi
Prix Pépin 2015
Dico des auteurs

mardi 1 décembre 2015

AOC n°38

Voici mon commentaire coutumier sur le dernier Aventures Oniriques et Compagnie. Ce 38e numéro est consacré aux nouvelles lauréates du concours Visions du Futur 2015.

Des illustrations intérieures de Fols, Farah Douibi, Goji, Mira et Hélène le Dauphin, toutes très réussies. J’ai un faible pour celle de Mira.

Une couverture de Sand Kerion dont je suis absolument fan, elle fait partie de mes couvs AOC préférées.

Les nouvelles :

Le fil, de K.T. (accessit) : une nouvelle très poétique avec une scène unique : la traversée d’un équilibriste. L’écriture est agréable et le récit onirique. C’est rafraichissant, même si très léger au niveau du scénario.

Naya, de Pauline Ceaucescu (3e prix ex aequo) : l’histoire d’un couple de démons sur une planète qui accueille des humains comme on accueillerait des migrants. J’ai adoré ces personnages qui sortent des sentiers battus et des archétypes SF habituels. Et ce texte pose une véritable intrigue. Un très bon moment de lecture, et sans doute mon récit préféré du numéro.

Le rouge est mis, de Christophe Kauffman (3e prix ex aqueo): une histoire très glauque évoquant le point de vue d’une petite fille abusée qui se découvre un lien avec l’occulte. L’ambiance sombre et vaporeuse est particulièrement réussie, quoique j’ai trouvé le malsain un peu gratuit par moments. Comme s’il manquait un axe supplémentaire à l’histoire.

Fiorentina, de Yohan Vasse (2e prix) : Une jeune femme est enlevée à son amant et disparaît dans une Florence parallèle, celle des morts et des démons. Son compagnon y plongera pour l’en extraire. Yohan Vasse décrit un enfer baroque et sanglant, avec ses nobles décadents ou ses bouchers qui dévorent les condamnés. La plume de Vasse, dont j’ai pu apprécier d’autres textes, est toujours très subtile. Néanmoins j’ai eu du mal à accrocher à certains passages, sans doute en raison de ma méconnaissance de l’histoire italienne et des lieux cités.

Pavillon noir, de Dean Venetza (1er prix) : nous sommes dans un post-apo uchronique, en Italie, à l’intérieur d’un train chargé de fuyards et à travers un paysage ravagé. Mussolini n’a jamais pris le pouvoir, les Russes écrasent le monde, les Français traqués par la dictature s’expatrient et l’on craint les anarchistes. Ne serait-ce que pour ces idées, cette nouvelle est particulièrement intéressante. L’auteur, par le regard d’une jeune Russe en fuite, nous décrit avec justesse les autres passagers du train et leurs bassesses. Néanmoins, le texte laisse comme un goût d’inachevé, et se termine comme une introduction, alors que l’on a tout juste entrevu le contexte. L'idée mériterait peut-être une novella ou un roman.

mardi 17 novembre 2015

Le rêve de glace

La revue canadienne Brins d'Eternité me fait l'honneur de publier ma nouvelle Le rêve de glace dans son 42e numéro.

Ce texte est accompagné d'une superbe illustration de Jubo, (voir son site, il avait déjà illustré ma nouvelle Le volontaire) au style toujours très personnel. Un grand merci, de même qu'à Guillaume Voisine pour sa direction littéraire.

Un numéro à se procurer sur le site de Brins d'Eternité !

Le rêve de glace, c'est d'abord celui de la fournaise au sein du Piton, sous un soleil en déclin. Malick et les siens savent bien que le froid n'est plus une option. Mais loin du volcan, les Patineurs fascinent. Simples nomades ou voleurs de chaleur ?


Les autres récits au sommaire :
Poisson-soluble, de Joël Champetier
Une chaise endiablée, de Chantal Jacques
La centurie perdue, de Hugues Lictevout
Dans la ruelle, de Marianne Escher
Course en cercles, de Tesha Garisaki


Yozone fait un bel éloge de ma nouvelle que je me permets de citer :
Phil Becker nous livre un texte fascinant qui se déroule aux abords du cratère d’un volcan. Le monde semble en proie à une ère glaciaire, car le soleil a perdu de sa vigueur. Les habitants du volcan défendent leur territoire des Patineurs vivant sur la glace.
Le contexte est très bien trouvé et rendu. Quelques indices permettent aux lecteurs de vraiment appréhender la situation. D’une grande force d’évocation, “Le rêve de glace” nous plonge dans un lointain futur que l’on peut prendre comme une extrapolation du monde actuel avec ses problèmes climatiques, mais dus au réchauffement. Très belle histoire avec deux adolescents prouvant que l’espoir demeure.

mercredi 14 octobre 2015

Le Lycan Blanc en e-book

Je tente l'aventure du numérique en diffusant mon roman Le Lycan Blanc version e-book sur les sites de vente en ligne.
L'objet semble déjà noyé parmi le flot de publications, mais bon, il a le mérite d'exister.

Le Lycan Blanc pour 3,99 €


Vous le retrouverez donc au prix de 3,99 euros, au format Kindle chez Amazon, mais aussi, pour les autres liseuses, en Epub chez la Fnac et en Epub chez Lulu.

La version papier est bien sûr toujours disponible.

samedi 26 septembre 2015

Ces livres qui vous marquent

Quels ouvrages d'imaginaire m'ont touché au point de changer radicalement ma vision de l'écriture ? A la réflexion, il y en a assez peu. Voici les cinq que je retiendrais, a priori. Et vous, quels sont les vôtres ?

- Vurt, de Jeff Noon.
Le bouquin qui vient souvent en tête quand je songe à mes livres préférés. A sa lecture, je me suis dit, c'est ça que je veux faire. Exactement ça. Ce n'est pas seulement un univers cyberpunk avec des thèmes qui me touchent - celui de dimensions générées par l'inconscient collectif - mais c'est aussi une écriture cyberpunk. Jeff Noon n'écrit pas, il compose.
Si j'ai apprécié, parmi ses autres ouvrages, Pollen, Nymphormation et Descendre en marche, je n'ai retrouvé cette force que dans son dernier Intrabasses, et son recueil de nouvelles Pixel Juice.
Je dis un mot de Vurt par ici.

- L'assassin royal de Robin Hobb.
Ainsi que la saga du même univers, Les aventuriers de la mer. Certes, certains la classent dans la fantasy commerciale, mais Robin Hobb, c'est une leçon d'écriture. Aucun autre livre, aucune série télé ne m'a autant captivé que ses ouvrages, capables de vous entraîner dans des nuits blanches de lecture. L'auteur maîtrise à la perfection le secret du page turner.

- Auprès de moi toujours de Kazuo Ichiguro.
Le style le plus délicat et subtil que j'ai pu découvrir en littérature de genre. Cette plongée dans les petites émotions légères et quotidiennes de ses personnages, en décalage complet avec le drame noir de l'intrigue, en font l'un des textes les plus touchants que j'ai lu.
Un mot de l'ouvrage ici.

- Le cycle d'Hypérion, de Dan Simmons
La saga qui m'a donné envie d'écrire du space-opéra, avec cette construction par scénarios qui s'emboîtent et qui aurait pu être totalement bancale, mais qui fonctionne à la perfection. J'attends toujours le space-opéra qui arrive à la cheville d'Hypérion.
J'en parle par-ici.

- Le seigneur des anneaux, de Tolkien. Cet incontournable m'a-t-il seulement marqué parce que c'est une lecture d'enfance ? Non je crois qu'il y a autre chose. Cette façon unique - et que tant d'autres ont raté - de créer un univers plus large que l'histoire. Le seigneur des anneaux est la seule lecture qui m'a donnée l'envie de quitter quelques instants le groupe de héros et d'explorer par moi-même les terres du milieu. Tolkien rend son univers tellement présent qu'il donne à son lecteur l'envie de faire du hors-piste. Et je n'ai toujours pas compris comment il s'y prend...

mercredi 12 août 2015

AOC n°37

Et voici mon petit avis habituel sur le dernier Aventures Oniriques et Compagnie.
AOC n°37 est un très joli numéro. Si tous les textes ne m'ont pas emballé de la même façon, leur niveau d'écriture reste impressionnant.

A se procurer d'urgence par-ici !

La bibliothèque de M. Holbrook, par Sébastien Castelbou : Un joli conte à propos d'une petite fille dans une dimension parallèle où les livres n'existent pas. Peut-être un poil trop gentillet à mon goût, mais très bien écrit.

Doppleganger, par Anne Goulard : une histoire fantastique à l'ambiance noire et victorienne, avec quelques subtils éléments steampunk. L'atmosphère est très bien rendue.

Le chant des esclaves, de Florent Naud : Une histoire poignante d'esclaves qui construisent un palais dans un désert et dont les récalcitrants perdent leur âme. Agréable à lire, mais l'absence de contexte m'a un peu éjecté du texte.

Le Trembleur, par Olivier Boile : un récit mythologico-antique évoquant un guerrier spartiate tentant de regagner son honneur. Pas vraiment de chute ni d'intrigue dans ce texte, qui vaut néanmoins le détour pour nous faire voyager dans une Grèce antique très bien rendue. La capacité d'évocation d'Olivier Boile est prometteuse.

Ecourte-la, Sam, par Christophe Garreau : Mon coup de cœur de ce numéro. Les diverses assistances électroniques empêchent les humains de se suicider, condamnés à vivre pour l'éternité. Seul "l'écourteur", considéré comme le messie, est capable d'enlever la puce d'alerte et de mettre fin à l'immortalité de ses clients.
Si l'on ne saisit pas trop pourquoi le narrateur est le seul à posséder ce don, cette nouvelle noire est cependant exemplaire tant pour le style que pour le rythme. Un vrai bijou.

Enfin ce numéro se conclut par une courte bande dessinée sans texte sur le thème de la main enchantée, La main d'écorché, par Fugushima.
J'ai adoré le trait à la fois dynamique et lugubre, mais quelque chose m'a laissé sur ma faim, comme s'il manquait une conclusion.

Pour finir, AOC 37 comprend de très belles illustrations de Hélène le Dauphin, Epicta, Jubo, Eric Malterre et Grigou. Sans oublier Mira en couverture (quelles couleurs !).
Coup de cœur pour le dessin de Grigou, toujours aussi doué pour les contrastes et les différences de tons.


vendredi 10 juillet 2015

Le Lycan Blanc, premiers retours

Deux mois après sa sortie, le Lycan voit arriver les premiers retours. Et (ouf !) c'est positif. Si, en discutant avec des lecteurs, j'ai eu droit à certaines réserves, comme des personnages ou des passages qu'ils auraient aimé voir davantage travaillés, mon premier roman semble plutôt apprécié.

Oncle Paul se fend d'une longue chronique :
(...) Les combats entre vipères, salamandres et autres animaux provenant d'un bestiaire fantastique ou mythologique, sont détaillés avec vivacité, brutalité, réalisme (...) La magie n'est pas en reste, dans cet univers de bruit, de fureur, de sang, et d'amours juvéniles (...) Phil Becker, une nouvelle plume à l'avenir prometteur !

L'ami Flynn, qui aurait préféré des phrases plus longues, a apprécié néanmoins :
(...) Becker a mis en place une intrigue et un voyage passionnant autour des origines de Corcinos qui prend ici une forme et de la profondeur. On est captivé dès le début et ce jusqu'à la fin. Le fait d'avoir écrit davantage de nouvelles permet à l'auteur d'utiliser son expérience pour rendre le roman passionnant dès les premiers instants. On est directement pris dans le feu de l'action. On a donc du suspense, des rebondissements, etc.

Lili de lilibooks, mystérieuse libraire de mon département (je n'ai pas trouvé de qui il s'agissait) a bien aimé :
(...) Becker offre des aventures dangereuses et initiatiques à son jeune loup-garou blanc, dans un exercice difficile : celui de créer un univers tangible à partir de la réalité. Pari tenu ! J'ai oublié la Catalogne où j'habite pour tomber dans la Katland avec plaisir !

Chez Phénix-Web, le lycan est passé "comme une lettre à la poste" :
Avec les Pyrénées pour décor, Phil Becker avait de quoi donner un souffle épique à sa plume, et il n'y manque pas. (...) L'auteur, nouvelliste déjà reconnu, ose prendre, dans ce surprenant univers où l'histoire est largement remaniée, des directions inattendues et les 220 pages passent comme une lettre à la poste.

Edit : Une nouvelle chronique très sympathique vient de tomber sur le forum de L'imaginarium :
(...) Phil Becker nous propose un récit poignant, intéressant, palpitant. Je ne peux qu'admirer une telle maîtrise pour un premier roman.

mercredi 17 juin 2015

On parle du loup devant la caméra

C'est en compagnie de l'écrivain François Darnaudet (qui au passage m'a dédicacé son dernier polar, merci à lui !) que je me retrouve à la terrasse d'un café devant la caméra de Nicolas Caudeville pour son blog des P.O. "L'archipel contre-attaque !"

Tandis que François évoque la sortie chez Mnémos Hélios du Glaive de justice, je dis quelques mots (maladroits, je ne suis guère à l'aise avec l'exercice) du Lycan blanc. Bref, on en sait un peu plus à propos de l'univers Xavi et des projets à venir.


mardi 16 juin 2015

Publication du dossier L.L. Kloetzer dans Présences d'Esprits 83

Le 83e numéro de la revue Présences d'Esprits vient de sortir. J'y propose un petit dossier de six pages à propos de L.L. Kloetzer, auteur(s) fascinant(s) s'il en est.

Vous y trouverez notamment un interview de Laurent Kloetzer, ainsi qu'une bibliographie dont trois livres sont chroniqués : son premier roman Mémoire vagabonde, mais aussi les deux romans co-écrits avec son épouse Laure Kloetzer : Cleer et Anamnèse de Lady Star.
Enfin l'écrivain Léo Henri nous raconte, via une chronologie, ses rencontres avec le couple Kloetzer.

Bref, tout ça est à lire dans Présences d'Esprits 83 que l'on peut acheter par-ici.

Si jusque là j'avais surtout commis quelques nouvelles pour AOC, l'autre publication de Présences d'Esprits, c'est un plaisir
de préparer un sujet pour la revue mère.